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Comment utiliser des références cinématographiques ?


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L’usage d’exemples cinématographiques dans une copie ne déroge pas aux principes de l’utilisation d’exemples en général.

Mais la question se pose peut-être plus fortement dans le cas du cinéma en ce qui concerne la pertinence des films évoqués. En effet, alors que les exemples littéraires sont en général très classiques parce qu’ils renvoient à des œuvres canoniques étudiées en cours de français (qu’elles soient romanesques ou théâtrales), l’usage d’exemples de films est plus compliqué parce que la culture cinématographique des élèves est essentiellement le produit d’une connaissance réalisée en autodidacte. Pendant les cours de français, d’histoire, de langue et de philosophie, vous avez peut-être eu l’occasion de visionner quelques films, mais cela représente très peu en comparaison du travail sur des formes écrites.

Par conséquent, les films que vous connaissez ont rarement été commentés par un professeur ou étudiés de manière systématique comme on pourrait le faire avec une œuvre littéraire. Vous êtes donc généralement livrés à vous-mêmes si vous souhaitez évoquer un film pour illustrer un argument dans un devoir.

I / Quel type de film choisir ?

Il ne faut pas négliger cette question. Notre expérience de professeurs nous apprend qu’elles doivent être posées parce que, de plus en plus souvent, nous trouvons des exemples renvoyant à un film dans les copies. On constate cependant qu’ils sont très rarement pertinents. Soit parce que le film n’a aucun contenu exploitable sur le plan philosophique, soit parce que le commentaire de l’exemple est inexistant et que le candidat se contente d’en faire un simple résumé sans montrer qu’il éclaire le sujet d’une manière ou d’une autre.

Le genre du film a peu d’importance, qu’il s’agisse de science-fiction, de film policier, d’aventure et pourquoi pas, même, de comédie (cf. " La vie est belle " par exemple, ce très beau film de Roberto Begnini qui parvient à faire rire tout en posant des questions extrêmement graves sur la barbarie, le mensonge, l’humanité…). Simplement, certains films sont évidemment plus riches en situations à exploiter dans un devoir en raison des problèmes sur lesquels leur scénario est construit ou bien parce qu’ils mettent explicitement en évidence des enjeux à caractère philosophique. En définitive, un film utilisable dans un devoir est assez simple à repérer.

Pensez à votre programme de philosophie et aux notions qui le constituent. Si un film a directement pour objet une notion du programme, c’est plutôt bon signe. Par exemple, " la liberté ", " la justice ", " le temps "… On pourrait objecter cependant que tous les films ont un thème qui peut avoir une résonance philosophique. Toutefois, en règle générale on voit immédiatement en quoi le thème est intelligemment traité ou non. A ce titre, c’est un peu sur le mode de la distinction entre l’opinion et le savoir qu’il faut raisonner. L’opinion est le produit d’un sentiment immédiat, elle est simple et simpliste à la fois. Le savoir est au contraire l’aboutissement d’un processus long et complexe qui nécessite un véritable investissement intellectuel et critique. C’est également sur ce mode que l’on doit s’appuyer pour distinguer un film ayant une valeur philosophique ou non. Reprenons un de nos exemples de notions pour illustrer cela : la justice.

La justice est très souvent illustrée au cinéma, mais la manière dont on l’aborde varie complètement d’un film à un autre. Par exemple, si le thème est le même, il n’y a pas de commune mesure entre un film comme " Section spéciale " de Costa-Gavras et un " Western spaghetti " ou encore un film d’arts martiaux dans lesquels les héros rendent la justice tantôt à coup de revolvers tantôt à coups de poings. En fait, dans le second cas, il n’y a pas de problématisation qui soit posée ; tout est simple et immédiat : un méchant, un gentil et une fin sur un coucher de soleil. En revanche, dans le film de Costa-Gavras (1975), de vraies question historiques, philosophiques et juridiques sont mises en évidence.